Une enquête menée sur 36 références de pâtes pointe la présence trop élevée du métal lourd cancérigène dans 80 % des cas. Des solutions de dépistage sont désormais accessibles en laboratoire
Après les céréales, le pain, le riz et les pommes de terre, ce sont désormais les pâtes qui contiennent du cadmium, selon une étude de 60 millions de consommateurs publiée ce jeudi 27 août. Incontournable dans l’assiette des Français, le féculent a été soumis à plusieurs séries de tests : 36 références de spaghetti et penne ont été analysées. Et le résultat est plus qu’alarmant : 80 % des pâtes contiennent du cadmium – métal lourd classé cancérigène et toxique pour la reproduction.
Un nombre qui rejoint le constat effectué en mars dernier par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) stipulant que l’alimentation est « de loin la source majeure d’exposition, représentant jusqu’à 98 % de l’imprégnation au cadmium dans la population non fumeuse ».
Concentration élevée
Dans le détail, pour les penne, excepté les références Marque Repère (E.Leclerc) et U, les concentrations de cadmium varient entre 0,009 mg/kg dans le produit Delverde et 0,066 mg/kg pour le Barilla blé complet, suivi par Combino (Lidl) sans gluten (0,058 mg/kg), rapporte l’enquête de 60 millions de consommateurs.
Concernant les spaghetti, les Barilla au blé complet affichent la teneur la plus élevée avec 0,071 mg/kg. Ainsi, si un enfant qui pèse aux alentours de 40 kg consomme l’équivalent de cinq portions de pâtes sèches par semaine, il ingérerait près de 21 microgrammes de cadmium, soit plus d’un cinquième de la dose hebdomadaire tolérable et retenue par l’Autorité européenne. À noter également, des traces d’arsenic ont aussi été retrouvées dans plusieurs paquets, en particulier dans les références sans gluten à base de riz et de maïs (spaghetti et penne des marques Regain et Rummo).
Dépistage possible
Pour lutter face à ce poison, une première étape a été franchie en juin. L’Assemblée nationale a largement adopté une proposition de loi écologiste visant à limiter l’exposition de la population au cadmium. Le texte, adopté en première lecture par 144 voix contre 22, prévoit une trajectoire ambitieuse de réduction des taux autorisés de cadmium dans les engrais phosphatés, qui sont source d’accumulation de ce métal dans les sols agricoles, contaminant ensuite les aliments.
En parallèle, les Français peuvent désormais – depuis le 16 juin – se rendre dans un laboratoire de ville pour effectuer un dépistage au cadmium. Ce test, surtout destiné aux personnes qui habitent sur un sol reconnu par les autorités comme étant pollué et aux patients surveillés en raison d’une intoxication chronique au cadmium liée à leur lieu de résidence, est fixé à 27,50 euros. Il est également remboursé à hauteur de 60 % par l’Assurance maladie et le reste par la complémentaire santé. Le patient doit toutefois régler les 2 euros de « participation forfaitaire » qui restent à sa charge pour chaque acte de biologie médicale, comme pour toute consultation chez le médecin.